Publication : BMC Musculoskelet Disord. 2017 Jul 18;18(1):307. doi : 10.1186/s12891-017-1680-4.
Co-auteurs : Gamulin A, Lübbeke A, Belinga P, Hoffmeyer P, Perneger T, Zingg M, Cunningham G.
Résumé :
Contexte : L’objectif de cette étude était d’évaluer la relation entre les facteurs démographiques, les facteurs liés à la blessure, les facteurs cliniques et radiologiques des patients souffrant de fractures du plateau tibial et le développement d’un syndrome de compartiment aigu.
Méthodes : Tous les patients adultes consécutifs présentant des fractures intra-articulaires du plateau tibial et admis dans notre centre médical universitaire urbain entre janvier 2005 et décembre 2009 ont été inclus dans cette étude de cohorte rétrospective. Le principal critère d’évaluation était l’apparition d’un syndrome de loge aigu.
Résultats : Les dossiers de 265 patients (âge moyen 48,6 ans) ayant subi 269 fractures intra-articulaires du plateau tibial ont été examinés rétrospectivement. Un syndrome du compartiment aigu est survenu dans 28 fractures (10,4 %). Quatre patients présentaient des fractures bilatérales du plateau tibial ; deux d’entre eux présentaient un syndrome de compartiment aigu unilatéral, mais aucun ne présentait un syndrome de compartiment aigu bilatéral. Une fracture du tibia non contiguë ou une luxation du genou et une classification AO/OTA plus élevée (type 41-C) ont été associées de manière statistiquement significative au développement du syndrome du compartiment aigu dans l’analyse de régression multivariable, tandis qu’un âge plus jeune (<45 ans), le sexe masculin, un grade de Schatzker plus élevé (IV-V-VI), un rapport d’élargissement tibial plus élevé (≥1,05) et un rapport de déplacement fémoral plus élevé (≥0,08) ont été associés de manière significative dans l’analyse ajustée à l’âge et au sexe.
Conclusions : Deux paramètres liés à la survenue d’un SCA dans les fractures du plateau tibial ont été mis en évidence dans cette étude : la présence d’une fracture du tibia non contiguë ou d’une luxation du genou, et une classification AO/OTA plus élevée. Ils peuvent être particulièrement utiles lorsque les résultats cliniques sont difficiles à évaluer (signes cliniques douteux, patients obtus, sédatés ou intubés) et doivent éveiller les soupçons du chirurgien traitant. Dans ces cas, des examens cliniques réguliers et/ou des mesures de la pression intra-compartimentale doivent être effectués avant et après l’intervention chirurgicale, même si le syndrome du compartiment aigu semblait peu probable lors de l’évaluation initiale. Toutefois, des études de plus grande envergure sont nécessaires pour confirmer et affiner les deux facteurs de prédiction de la survenue d’un syndrome de loge aigu.





